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 BUDDY GUY : Interview

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RAYLET
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MessageSujet: BUDDY GUY : Interview   Dim 6 Sep - 12:16


Né en 1936, ce bluesman Louisianais est considéré comme une légende vivante du Chicago Blues. Ä 13 ans, George Buddy Guy fabrique sa propre guitare avec des objets recyclés provenant de la maison familiale. À cette époque il n’avait pas d’argent pour en acheter une, il débuta donc sa carrière dans la pauvreté mais, un jour les choses on changé et il a fait la rencontre de son père spirituel, Muddy Water. Puis tout se bouscula et sa réputation traversa toutes les frontières. Il a côtoyé alors les Junior Wells, Slim Harpo, Sonny Boys Williamson II, Howlin’ Wolf, Willie Dixon, Big Mama Thornton, BB King, le jeune Johnny Lang, Carlos Santana, Rod Stuart et même Éric Clapton qui qualifie Buddy Guy de meilleur guitariste blues de la planète.
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Interview de Buddy Guy au Montreal International Jazz Festival (par: Réjean Nadon )
Je ne suis pas du genre à jouer assis sans bouger comme BB King ou Eric Clapton. Je viens d’une famille de religion baptiste et dans les églises baptistes, quand on se sent bien ce n’est pas seulement les doigts qui bougent mais tout le corps, je ne peux rester sans bouger. Je pense que c’est ce que vous voyez sur la scène lorsque j’y suis.

J’habitais la Louisiane, je ne savais pas que la vie était dure et c’était vraiment dure. On avait un cheval, une mule et un cochon. Je disais dernièrement à quelqu’un que, j’avais à marcher pour aller à l’école et pour ne pas user mes chaussures je les enlevais et avant de rentrer j’ôtais la boue de mes pieds et je remettais mes souliers. Quand on y repense en vieillissant on se rend compte que c’était dur.
On avait pas d’auto, mon premier véhicule a été un petit poney et j’ai penser, on avait à marcher loin, aller retour pour aller à l’école et on devait aller à l’épicerie. Si la marche était bonne pour nous, mes parents seraient encore vivants.


En Louisiane, il faisait tellement chaud en juin, on avait des maisons en bois avec des fenêtres en bois et des portes en bois alors quand ma mère avait un 5 ou 10 sous elle disait, on va s’acheter un bout de moustiquaire pour avoir un peu d’air frais et garder les moustiques dehors car, en Louisiane les moustiques sont si gros qu’ils peuvent vous sortir de la maison.

J’avais 15 ou 16 ans quand nous avons eu l’électricité, nous n’avions qu’un ''socket'' et pour s’acheter un phonographe nous avons cueilli assez de coton, ce n’était que des 78 tours à ce moment là, je crois que mon premier long jeu fut Boogie Chillen de John Lee Hooker, ça été la première chose que j’ai appris à jouer.

Ce qui m’a amené à la guitare électrique fut Lightnin' Slim. Un après-midi, je me suis arrêté à l’avant de l’épicerie, la seule que nous avions, et je l’ai vu connecter sa guitare à un amplificateur et à commencer à jouer Boogie Skill et je croyais que c’était une blague, je regardais les câbles de l’amplificateur à la guitare et les cordes de la guitare, je suis rester là et j’ai parler avec lui et j’ai appris à la connaître très bien avant qu’il ne décède. Ça été la première guitare électrique que j’ai vue.
J’ai gradué et suis allé à l’école secondaire, j’avais déjà acheté le premier livre de Muddy Waters 78 et je l'ai appris. Je voulais prendre des cours de musique, j’ai rencontré le prof de musique et il m’a dit, nous allons commencer avec le livre 1 et je lui ai dit que je savais déjà le livre 1 et il m’a dit alors : je ne peux t’enseigner. Je lui ai dit que non, tu ne peux m’enseigner.


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Guitar Slim est venue au Masonic Temple de Baton Rouge avec cet extraordinaire album avec les arrangement et le back-up band de nul autre que Ray Charles. Je suis resté là à regarder le band sans Guitar Slim, pendant au moins une heure et demie. Je ne sais pas mais, je crois que plusieurs faisait ça, comme BB King, Guitar Walker et Guitar Slim car le bar vendait du whisky jusqu’à ce que le présentateur dise : Ladies and Gentlemen, Guitar Slim ou BB King alors les gens arrêtaient de boire et se disaient, je dois regarder le spectacle… Alors ce soir c'était pareil, ils vendaient leur whisky et attendaient le plus longtemps possible et lorsqu’ils ont dit: Ladies & Gentlemen Guitar Slim, j’ai entendu la guitare mais je ne le voyais pas sur le stage, je me suis alors demandé, mais qu’est-ce qui se passe…et puis un gars apparut avec Guitar Slim sur ses épaules qui jouait, c’est alors que je me suis dit, si un jour j’apprend à jouer de la guitare je veux sonner comme BB King mais je veux être théâtrale comme Guitar Slim. Car il était wild, il n’était pas un joueur ordinaire, sa guitare avait l’air d’avoir été battue et je me disais, c’est ce que tu appelles jouer de la guitare… il ne la chouchoutait pas et je fais de même pour les miennes aujourd’hui. Elles sont faites pour être jouées. On m'a déjà demandé: Comment est-ce que tu brises autant de cordes, si tu ne brises pas de cordes c’est que tu ne joues pas.
Un jour Guitar Slim portait un complet rouge des souliers blancs avec ses cheveux blancs, il se promenait dans les rues et il y avait des critiques car lorsqu’un homme portait des couleurs fortes il était critiqué, je ne savais pas qu’il avait fait un commentaire à ce sujet avant de mourir. Je l’ai trouvé dans un magazine à Paris, il mentionnait que : les gens rient de moi maintenant mais lorsque je serai mort et enterré alors ils ne riront plus car les hommes porteront tous des couleurs voyantes. Et on l'a vu dans les années 60, les cheveux, on commence à se colorer, rouge, jaune, rose…

Il s’est dit beaucoup de chose à propos de sa vie entre autre le nombre de femmes qu’il a eu. Il a un jour dit que la vie est courte, pendant que vous vivez votre vie moi, j’en vie 3.

Je travaillais à l’époque à une station d’essence et un de mes amis, qui est malheureusement décédé aujourd'hui, est allé rencontrer et parler de moi à Big Papa et celui-ci est venu me voir à la station. Mon patron m’a dit : plug ta guitare et joue fort, ça va peut-être attirer les clients, j’ai alors commencé à jouer Boogie Chill at night, c’est alors que Big Papa m’a demandé combien je gagnais, je lui ai dit que je gagnais environ 12 ou 13 dollars par semaine. Je peux t’en donner autant… Alors j’ai commencé à jouer dans des juke joint pour 15 dollars par semaine c’était l’époque où Little Walter débutait, c’était comme de la nouvelle musique, nous étions très populaire comme le hip-hop aujourd’hui. Partout où nous jouions il y avait des pistes de danse et tout le monde dansait. Je voulais aller à Chicago, pas pour faire de la musique, mais pour voir jouer Muddy Water, Howlin’ Wolf et Little Walter.
Je travaillais pour environ 29$ pour deux semaines quand quelqu’un m’a dit que là bas je pourrais travailler le jour et jouer le soir dans les clubs de Chicago. Mais ma mère a eu une paralysie (stroke) et je ne voulais pas la quitter mais je voulais aussi y aller pour travailler et pour voir les Little Walter et Muddy Waters et jouer les soirs.
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J’ai fini par y aller et j’ai voulu rencontrer Phil Chess alors je lui ai écrit une note, je ne sais pas si il l’a eu mais les gens à qui j’ai remis la note ont vu ma guitare qui était une Gibson LesPaul et à ce moment ils enregistraient une session avec Wayne Bennett (the Spaniels) alors ils ont pris ma guitare et moi je suis resté là à les regarder ! Je suis parti, j’ai bummé un peu et je me suis retrouvé sans le sous pendant 3 jours. Finalement, un étranger m’a vu dans la rue pendant que jouait de la guitare et m’a amené chez lui, a dit à sa femme je viens de trouver un jeune noir qui sait vraiment jouer le blues et nous allons l’amener au 708 Club. C’est là qu’Otis Rush jouait, c’était un club ou 99.9% des gens étaient noirs, sauf celui qui m'y avait amené. J’ai joué ce soir là en deuxième partie. Muddy Water qui habitait tout près, est venu durant la soirée, je lui ai dit que j’était affamé il m’a alors amené dans sa Chevrolet rouge station wagon 1958 et m’a donné un sandwich au salami, je lui ai dit Man, c’est comme un T-bone.


Tout le monde l’appelait Mud et lui de me dire qu’il était Muddy Water je lui ai alors dit : si vous êtes Muddy Water alors je n’ai plus faim.. Seulement de le voir me remplissait. Muddy Water a été comme un père pour moi jusqu’à sa mort. C’est Magic Sam qui m’a amené au Cobra Record, ça avait l’air d’un garage. Magic Sam m’a alors dit chante, j’ai alors interprété une vieille chanson de BB King et on m’a toute suite sorti un contrat pour que je le signe. . J’étais plutôt du style Hendrix et lorsque j’étais en studio avec Muddy Water ou Magic Sam, Howlin’ Wolf, je voulais jouer à ma manière mais eux n’était pas près à ce genre là et je les respectais, j’étais honoré de jouer avec eux.

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Quand on m’appelait pour jouer avec Muddy ou Little Water j’étais au 7e ciel. J’ai été déçu de voir que Muddy Water ne faisait pas le tour du monde mais le tour des clubs, toujours les mêmes et qu’il n’était pas très bien payé, j’ai encore des contrats de Howlin’ Wolfe et je n’arrivais pas à croire qu’ils pouvaient vivre avec si peu, je voyais tout ça mais je n’avais pas le cœur d’abandonner le blues. On jouait pour la porte, on commençait en un petit groupe on se faisait 25$ ensuite il s’ajoutait des gens à notre spectacle on se faisait 12$ et on remplissait la voiture et on finissait pas ne se faire que 6$. Un moment donné on était plusieurs et nous n’avions plu que 40 cent en poche, on a alors organiser un coup, on a dit au joueur de keyboard, qui ne savait ni lire ni écrire, que lorsque nous arrêterions dans une station d’essence nous irions acheter de la liqueur et des biscuits et que pendant que nous passerions à la caisse lui devait piquer des boîtes de conserve de viande mais, il ne savait pas lire alors il s’est trompé d’aller et s’est retrouvé dans celle pour le manger de chat et de chien… Alpo etc.. On avait faim,,, entre deux biscuits,,, c’était dur à avaler quand même.. --


-- Je me souviens de l’American Blues Festival, c’est là que j’ai connu plusieurs bluesmen mais aussi Big Mama Thornton. Je ne savais qu’elle serait vêtue d’une chemise avec une cravate, coiffée d’un chapeau d’homme avec des chaussures d’homme mais une jupe. Je me rappelle avoir fait plusieurs ville avec ce festival et je me disais que je n’aurais peut-être pas la chance d’y retourner alors je sortais faire des achats en guise de souvenir et un jour elle m’a dit, je t’accompagne et elle m’a pris le bras et tous les autres musiciens autour on fait Ouf… mais, je ne pouvais pas lui refuser. Je me souviens qu’un soir de tournée je jouais Hound Dog derrière elle et elle sautait sur la scène et elle a perdu son dentier… elle s’est penchée et a ramassé son dentier l’a remis en place et a eu un ‘’standing ovation’’ pour ça….
La plupart des musiciens que j’ai côtoyé ne faisaient pas de musique pour l’argent, je me rappelle que Muddy Water avait une maison mais les autres je ne crois pas, ils faisaient de la musique pour le plaisir et avait beaucoup de plaisir. Ça prenait un verre de whisky, une jolie femme et un instrument et on était riche. On ne voyait pas que les Rolling Stone, Eric Clapton ou Santana faisaient beaucoup d’argent, ni ses endroits extérieurs où on peut recevoir des centaines de milliers de personnes pour un soir.

Je suis allé à Londres et j’ai joué avec Rod Stuart et j’ai eu les commentaires des Éric Clapton et Jeff Beck…. Me disant qu’il ne savait pas qu’une Strath pouvait jouer du blues.
J’étais content d’entendre Éric Clapton ou Elvis Presley jouer de la guitare ainsi car, il y avait une légende qui disait que c’était les noirs qui pouvaient jouer ainsi, pourtant la guitare est faite pour une personne qui a dix doigts et que si l’on y met le temps on peut en jouer aussi bien que n’importe qui.. Un jour un gars m’a dit, tu n’as pas peur de travailler ? De perdre un doigt à travailler dans un garage ainsi ? Je lui ai dit : il faut bien que je gagne ma vie car je ne veux pas voler. Il m’a demandé combien fais-tu ici. Alors je lui dit, je fais 2$/heure, il m'a dit, je te fais un chèque postdaté du montant total que tu fais dans une année et tu pars en tournée avec moi. Je lui ai dit je ne veux pas laisser mon emploi, mais j’ai deux semaines de vacance qui s’en viennent alors je veux bien partir à ce moment là. Nous avons fait une tournée des festivals, New York, Toronto (Mariposa), Chicago…
J’ai joué avec Junior Wells, pas beaucoup de musiciens voulaient jouer avec lui, ça a duré un temps jusqu’au jour où je lui ai dit que je ne voulais plus jouer de sa manière, que moi je voulais faire plaisir au public qui venait me voir.
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J'ai appris avec Guitar Slim qu’il faut faire participer le publique, je vais même jusqu'à faire chanter les gens en me promenant dans la foule avec mon micro, je veux que les gens fassent parti de ce que je fais.
On m’a déjà dit que mes disques ne sonnaient pas comme ce que je fais sur le stage, je leur ai répondu que mes mains étaient liées derrière mon dos. On me passait des remarques telles que tu sonnes comme BB King ou comme Muddy Water alors j’essayais de ne pas faire ses sons, je ne laissais pas le Buddy Guy ‘’loose’’. Je me disais un jour j’irais en Angleterre et il me diront, joue de la guitare et c’est ce que je ferai et je l’ai fait avec l’album Damn Right I got the Blues, c’est le plus bel album que j’ai fait.

Si j’avais à refaire ma vie, je revivrais de la même manière et je prendrais ma guitare acoustique et j’essaierais de faire sourire quelqu’un, car vous pouvez aller autour du monde avec la musique c’est un langage international. J'ai été en Afrique un endroit où jamais je n’aurais imaginé que les gens avait une idée de ce que je faisais et les gens criaient, pleurait et souriait. Dieu nous a tous mis sur la terre pour une raison et non une saison…

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